Réponse concise : quatre briques au moins. Les fonds de carte et le parcellaire cadastral, la transformation d'une adresse en coordonnées, l'identité légale d'une entreprise à partir de son nom, et les coordonnées d'une mairie à partir d'un code INSEE. Aucun de ces quatre services ne demande de clé ni d'inscription. Ce qui reste à votre charge est le développement, le cache et le plafond d'appels, pas un abonnement qui grandit avec votre activité.
Source : Sudimédia, quatre services publics utilisés en production sur nos plateformes, deux démonstrateurs publics ouverts en juillet 2026.
Dans cet article
Il y a une catégorie d'outils que les prestataires facturent depuis des années et que l'État distribue gratuitement, sans que presque personne ne s'en serve. Ce n'est pas une question de qualité : les données sont bonnes, souvent meilleures que leurs équivalents commerciaux sur le territoire français. C'est une question de visibilité, parce que ces services ne font pas de publicité et que leur documentation s'adresse à des géomaticiens plutôt qu'à des développeurs web.
Nous en utilisons quatre en production sur nos plateformes, et nous avons ouvert deux démonstrateurs publics pour les montrer. Voici ce que chacun remplace, ce que l'ensemble coûte quand même, et les quatre pièges qu'il a fallu passer, parce qu'un retour d'expérience sans les ratés n'est qu'une plaquette.
Les quatre services, et ce qu'ils font
La Géoplateforme de l'IGN diffuse les fonds de plan, les photographies aériennes et le parcellaire cadastral. La Base Adresse Nationale transforme une adresse en coordonnées, et l'inverse. L'API Recherche d'entreprises de l'État renvoie l'identité légale d'une société à partir de son nom en texte libre. L'annuaire de l'administration donne les coordonnées et les horaires d'une mairie à partir du code INSEE de sa commune.
La première question que pose tout le monde est celle de la clé d'accès.
Pas pour ces quatre services. La Géoplateforme diffuse ses fonds de carte et son parcellaire cadastral sans clé, la Base Adresse Nationale répond de la même façon, la recherche d'entreprises accepte le texte libre sans inscription, et l'annuaire de l'administration livre les coordonnées d'une mairie à partir de son code INSEE. D'autres services publics en demandent une, la base SIRENE par exemple, mais elle n'est pas nécessaire dès lors que la recherche par nom suffit.
C'est le point qui change la nature de la décision : pas de compte à créer, donc pas de conditions à accepter, pas de moyen de paiement laissé en garantie, et rien qui puisse devenir payant sur la foi d'un courriel annonçant une évolution tarifaire.
Les fonds de carte, et une couche que personne d'autre ne fournit
Le remplacement d'une carte commerciale est le cas le plus visible, et nous l'avons traité en détail dans un article dédié : pourquoi nous ne posons plus de carte Google. Ce qui mérite d'être répété ici, c'est le supplément plutôt que l'équivalence. La Géoplateforme diffuse le parcellaire cadastral sur le même service que les fonds de plan, ce qui permet de tracer le contour exact d'une parcelle sur la fiche d'un terrain.
C'est la première question de tout acquéreur devant un terrain, celle qu'aucun portail d'annonces ne traite et qu'une carte commerciale ne peut pas traiter. Le remplacement se transforme alors en avantage, ce qui est rare.
L'adresse, et le code qui ouvre les autres portes
La Base Adresse Nationale fait deux choses. Elle complète une adresse à la frappe, ce que tout le monde connaît sous sa forme commerciale, et elle renvoie pour chaque résultat le code INSEE de la commune, ce dont personne ne parle. Or ce code est la clé de jointure de la donnée publique française : il ouvre l'annuaire de l'administration, les statistiques communales, le cadastre, et à peu près tout ce que l'État publie par commune.
Sur un formulaire, cela veut dire qu'un visiteur qui choisit son adresse alimente sans le savoir tout ce qui en découle. Dans notre démonstrateur, la mairie de la commune apparaît juste après, avec son téléphone et ses horaires, sans que personne n'ait rien saisi de plus.
L'identité légale, à partir de trois lettres
C'est la découverte qui a le plus changé nos plans. Nous partions vers la base SIRENE, qui demande une clé d'API et n'accepte que la recherche par numéro. Or l'API Recherche d'entreprises accepte le texte libre et renvoie en un seul appel le SIREN, la dénomination, la forme juridique, le code d'activité, l'état administratif, l'adresse du siège avec son code INSEE et le nombre d'établissements encore ouverts.
Le gain pour un dirigeant est immédiat : il tape trois lettres de sa raison sociale au lieu de chercher son numéro sur un document. Le gain pour nous est la suppression d'une clé, donc d'un secret à protéger et d'un compte à surveiller.
Un détail mérite d'être relevé, parce qu'il concerne le respect des données et non la technique. La réponse contient un statut de diffusion, que certaines entreprises ont demandé à restreindre, et un tableau de dirigeants qui sont des personnes physiques. Nous n'affichons ni les unes ni les autres : les premières parce qu'elles ont demandé le contraire, les seconds parce qu'une démonstration publique n'a pas à exposer des noms de personnes.
Deux démonstrateurs plutôt qu'une description
Les deux pages sont publiques et manipulables. Le démonstrateur cartographique montre les fonds, la vue aérienne et le parcellaire, avec une zone de recherche déplaçable. Le formulaire qui se remplit tout seul enchaîne les trois autres services : on tape le nom d'une entreprise, sa fiche légale arrive, on tape une adresse, elle se décompose jusqu'au code INSEE, et la mairie suit.
Cette seconde page affiche aussi un journal des appels, avec le service interrogé, le terme cherché, le temps de réponse et l'origine, cache de notre serveur ou appel réel. Ce n'est pas de la décoration : c'est ce qui rend vérifiable l'affirmation selon laquelle aucune requête ne part du navigateur du visiteur.
Ce que ça coûte quand même
L'accès l'est, l'usage a un coût. Les quatre services que nous employons sont diffusés sans facturation et sans compteur, sous des conditions générales publiées par les administrations qui les opèrent. Ce que vous payez ensuite, c'est le développement de l'intégration, le cache qui évite de solliciter le service pour rien, et le plafond qui borne ce que votre serveur peut lui demander. Ce que vous gagnez n'est pas la gratuité, c'est l'absence de facture qui grandit avec votre activité.
Deux postes techniques méritent d'être nommés, parce qu'ils ne se devinent pas. Le cache, d'abord : une adresse ne se déplace pas et une mairie ne change pas d'horaires chaque jour, donc une réponse conservée quelques heures évite de solliciter un service public pour rien. Le plafond, ensuite : une autocomplétion interroge à la frappe, et sans borne un seul visiteur mal intentionné pourrait faire marteler le service par notre serveur, avec notre identité. Nos temps de réponse observés vont de quelques dizaines de millisecondes quand le cache répond à quelques centaines pour un appel réel.
Et un poste éditorial, celui-là plus embêtant. Les services renvoient des codes, pas toujours des libellés. La nomenclature d'activité française compte plusieurs centaines de codes, et aucune table écrite à la main ne les couvrira. Nous affichons donc le libellé quand nous l'avons et le code annoncé comme tel sinon, plutôt que d'inventer une correspondance ou de laisser un code nu passer pour une donnée manquante.
Quatre pièges rencontrés
Cette partie s'adresse à qui voudrait reproduire l'exercice. Les autres peuvent sauter au paragraphe suivant.
Les identifiants de couches ne sont pas ceux qu'on croit. Le fond de plan de l'IGN ne s'appelle pas d'après la logique de nommage des autres couches, et une erreur d'identifiant renvoie une exception que le navigateur présente comme une image cassée. Le document des capacités du service fait autorité, pas la mémoire ni les exemples trouvés en ligne.
Une erreur peut être mise en cache trois semaines. La réponse d'erreur du service arrive avec une durée de conservation de vingt et un jours. Un identifiant corrigé continue donc d'échouer dans le navigateur, et l'on cherche un bug qui n'existe plus. Les vérifications de correction se font en ligne de commande, ou après vidage du cache.
Un cache applicatif masque ses propres corrections. Le nôtre, cette fois. Une amélioration de la mise en forme d'une réponse reste invisible tant que l'ancienne version est en cache, et sur un hébergement mutualisé sans accès au serveur, on ne peut pas la supprimer à la main. La parade est un numéro de version dans la clé de cache, sur le principe du suffixe de version des fichiers CSS.
Certains hébergements filtrent les clients non navigateurs. Une protection en amont du serveur web répond par un refus à tout outil en ligne de commande qui s'annonce comme tel. Sans agent navigateur déclaré, tous les tests échouent de la même façon et ne disent rien. Ce n'est pas propre aux données publiques, mais c'est ce qui nous a coûté le plus de temps.
Ce que nous en faisons
Ces quatre services couvrent quatre briques de nos plateformes qui, ailleurs, seraient confiées à des fournisseurs commerciaux. Ce n'est ni militant ni exhaustif : le paiement en ligne et l'envoi d'emails restent chez des prestataires, parce que la conformité bancaire et la délivrabilité sont des métiers.
Le risque existe et nous ne le présentons pas autrement. Un service ouvert aujourd'hui peut être restructuré, changer d'adresse ou introduire une inscription, comme cela s'est produit lors du passage du Géoportail à la Géoplateforme. La différence avec un fournisseur commercial n'est pas l'absence de changement, c'est l'absence d'intérêt à vous facturer davantage. Et nous concevons ces intégrations pour qu'un changement de service se règle dans un seul fichier, pas dans tout le site.
Nous tenons l'inventaire de ces arbitrages, brique par brique, sur une page dédiée : de quoi votre site dépend, et ce que ça vous coûte. Les données publiques y forment une réponse disponible pour deux de ces huit familles, les cartes et les formulaires.
Dites-nous quelles données vos utilisateurs saisissent aujourd'hui à la main, nous vous dirons ce qui peut arriver tout seul.
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